Avis client

sylvie Cabourg
Actif depuis le 25 mai 2005
Dernier avis le 15 mars 2008
502 avis rédigés
4/5 évaluation moyenne
983 notes utiles

Note générale
Super !
Compatissante, un mot qui ressemble un peu à pâtissière mais en calme. Ca existe des premiers romans chez des éditeurs étonnants (collection Esthétique (inavouée) de la béatitude : Ah ouais ?!) qui sont comme la première bouchée d'un gâteau encore tiède : chbing ça touche directement le centre du plaisir dans le système nerveux, ça fait une onde, on plane et c'est trop bon. L'idéal c'est ça, vous me faites confiance et vous vous le procurez sans avoir la moindre idée de ce dont ça parle, pour comme moi découvrir tout petit à petit et assembler les pièces au fur et à mesure (il y a un ressort à un moment, une construction intéressante). Ca fourmille d'inventivité et d'amour des mots, sans que ce soit jamais pénible ou compliqué à suivre. Comme de l'Oulipo qui n'en serait pas parce que là c'est drle, c'est fin et on ne sent pas les contraintes, c'est fluide, pas réservé aux seuls amateurs du truc et surtout, surtout, ça raconte une vraie histoire qui flirte du cté de ce que j'aime, à savoir la nature humaine dans ses grandes et petites contingences. Avec des variations infimes, un peu d'absurde, mais pas trop, et une vraie beauté sous les mots, si je me laissais aller je dirais même une beauté d'âme qui transparat. Je suis tombée en amour, quoi, et j'espère que vous serez nombreux à succomber aussi !
Note générale
Super !
Vraiment bien Un roman de Véronique Ovaldé c'est un tout; c'est une entrée sphérique dans son monde, où la neige est consciencieuse, où les tranquillisants induisent un effet patient et dupliqué (je ne connais pas de meilleure façon d'expliquer leur brouillard ! "Dupliqué", c'est tellement ça !), où le juron favori est "funérailles !", et où les petites filles s'appellent Tralala et jouent avec leurs mains.
Note générale
Super !
Où subsiste encore ton écho Léonora Miano est un Grand Ecrivain. Elle signe ici un roman musical, avec une bande-son, qui s'avère extrêmement dense et touffu, empli de notes de bas de pages, de pays qu'il faut déchiffrer à l'aide d'indices, de termes nouveaux et compliqués (Kémet, leucoderme, etc.) et de références historiques ou culturelles pas franchement connues du tout venant (moi, en l'occurrence). Mais dans le même temps elle nous offre une telle réflexion, des développements tellement bien argumentés, sur des sujets vraiment pas simples à appréhender que j'ai pris autant de plaisir à lire ce roman qu'il m'a donné du mal. C'est un sujet que je n'avais pas encore eu l'occasion d'approfondir, et c'est assurément un bon livre pour l'aborder.
Birmane
Birmane Bien
Note générale
Bien
« Ya baa ! The best way to be “ouh la la !” » Il s’appelle César. Présomptueux prénom, qui ne s’accorde pas vraiment avec sa personnalité, assez naïve et conciliante, à vrai dire. Il est en vacances avec celle qui partage sa vie depuis quelques années, et tout se passe mal. Plaqué, il décide d’aller chercher LE reportage, qui, croit-il, va lui offrir ce lustre qui lui manque. Lui, le rewriter, correcteur dans un magazine moyen de gamme, sa petite vie moyenne, son image de lui en train de prendre sacrément l’eau. Donc, direction la Birmanie. Le but premier, c’est de décrocher l’interview du grand trafiquant de drogue. Aucune connexion, aucune piste, un visa de touriste et pas l’ombre d’une idée, mais hardi petit, il y va tout droit. Et tombe sur Julie, une expat blonde et décidée, jolie et médecin. Et là commence une visite de la Birmanie qui oscille entre émerveillement et terreur…
Note générale
Bien
Et tout. Forcément, quand on lit Alain Rémond, on en vient un jour ou l'autre à lire Salinger, tant est grande l'admiration qu'il lui porte. Et c'est là où je me rends compte que si j'ai déjà lu un jour L'attrape-coeur (ce que je croyais dur comme fer), il ne m'en reste aucun souvenir, et en tout cas certainement pas ce plaisir de lecture, cette ambiance raffinée, qui m'a beaucoup fait penser à Hemingway et Fitzgerald.
Note générale
Super !
Superbe et merveilleux Février 1952, le roi est mort, vive le roi. Dans un champ du Suffolk, légèrement transis, se tiennent les Ward, désireux de participer aux deux minutes de silence nationales. C’est encore une famille, à ce moment-là, portant bien sûr les germes des nombreux dysfonctionnements qui vont l’exploser en milliards de morceaux, mais ils sont ensembles, côte à côte ; et dans le froid et l’attente, la petite Mary, six ans, révèle en une illumination soudaine en secret à sa pintade domestique qu’elle est un garçon, dans ce corps de fillette...
Note générale
Bien
Tambour battant Un rewriter de best-sellers indigents et son ami d'enfance, journaliste, se lancent sur la piste de l'auteur phare de toute leur vie, Santenac. Avec seulement trois romans publiés il y a trente ans, ce dernier les a accompagnés, soutenus, leur a offert le plus beau des accès à la littérature, celui qui intègre à la vie des morceaux entiers de livres. Disparu depuis des lustres, ils le retrouvent, donc,
Note générale
Bien
Se lit d'une traite Deux amis d'enfance, inséparables, qui font partie de l'élite, se retrouvent dans un camp de vacances. Nous sommes dans un futur très codifié, où seuls ceux qui en ont les moyens (financiers) vivent dans de bonnes conditions. Pour tous les autres, c'est le monde moyen ou carrément les bas-fonds, où la mauvaise nourriture engendre une mauvaise santé, où l'accès aux soins est plus que compromis, où la laideur règne en maître. César et Apollon ne se rendent pas compte de leur statut de privilégié, à la fin de leur adolescence ils trouvent plutôt normal que tout leur réussisse. Alors qu'Apollon prête énormément d'attention à son physique (de rêve), César, pourtant, commence à regimber quelque peu, à ressentir les effets de sa cage dorée. Il va entraîner son ami pour jeter un oeil
Note générale
Super !
brillant C'est un roman méchant, indéniablement. Irvin D. Yalom parle d'un milieu qu'il connait sur le bout des doigts, celui de la psychanalyse, et ses personnages de praticiens en prennent pour leur grade. Ernest Lash, en ce sens, s'en sort plutôt bien, même s'il est quelque peu malmené.
Note générale
Bien
Une histoire de météorite Elle est grosse, elle a trente-six ans, elle bosse puis elle rentre chez elle et quand la solitude lui monte trop à la gorge, elle prend sa voiture et poursuit les mauvais conducteurs en les invectivant de tous ses poumons, ça la calme, ou elle prend sa dose de monde dans les centres commerciaux. Ce n'est pas qu'elle soit hideuse, ni même franchement repoussante, non, Liz Dunn est invisible, on ne la regarde pas, on ne fait pas attention à elle. Du moins, au début du roman. Parce qu'un coup de fil, venant de la part d'un parfait inconnu à l'hôpital, mais qui possède son nom et son numéro de téléphone inscrits sur un bracelet, va tout changer. Pour un temps, tout au moins...
Note générale
Super !
Magnifique livre de cuisine ! Ca faisait un petit moment que je m'étais calmée avec les livres de cuisine, mais là je n'ai pas pu résister, c'est une petite merveille, un cadeau sublime, un concentré de gourmandise et de bonne humeur.
Invisibles
Invisibles Bien
Note générale
Bien
De l'intranquillité et des intranquilles Les premières des douze nouvelles réunies dans ce recueil m'ont plongée dans la perplexité : je ne suis pas certaine de les avoir comprises, en fait. Et je ne goûte toujours pas l'exercice d'extrapoler à partir d'éléments dispersés, de bâtir ma propre interprétation à partir d'un texte volontairement ouvert. Mais ceci étant dit, dans le même temps dès ces premières nouvelles Frédéric Boudet installe un ton, une manière de s'adresser directement au petit coin de cerveau ou de coeur du lecteur qui est justement à même de déclencher l'empathie, ce qui provoque une irrépressible envie de continuer, d'aller voir la suivante.
Note générale
Super !
Génial C'est le troisième opus de la série des Jack Taylor, et c'est regrettable que j'aie commencé par celui-ci parce qu'il me manque des pans de l'histoire intime de Mister Jack, mais en même temps ça n'a aucune espèce d'importance : en dix pages, j'étais foutue, accro, irrémédiablement tombée en amour, coup de foudre, paillettes, petites étoiles et sonneries divines.
Note générale
Super !
Le futur du présent sans espoir Il était un cancre, un vrai, celui qui ne comprend vraiment pas et qui subit des heures de sidération devant sa copie blanche. Il est pourtant devenu professeur, et écrivain. Sur le ton de la conversation, il raconte tout ça, en tire quelques enseignements et surtout, surtout, dédramatise.
Note générale
Super !
Elle est chouette Henriette C'est sûr que j'ai un peu l'air de débarquer de la lune en découvrant Henriette seulement maintenant, ses premières aventures datant de 1986 dans Fluide glacial. Mais le fait est que ça n'a pas pris une ride, et que j'ai ri franchement !
Note générale
Bien
« Inter faeces et urinam nascimur » « Inter faeces et urinam nascimur », disait Odon de Cluny (nous naissons entre la merde et l’urine), Norman Mailer a décidé de rester résolument dans cette tonalité tout au long des quatre cent quarante huit pages de ce copieux roman.
Note générale
Bien
Treize ans et bien des emmerdements Un matin de novembre, Antoine, treize ans, fait une rentrée un peu ahurie dans un collège de banlieue parisienne. Il débarque de « chez lui », la campagne, au bord d’une rivière et d’une forêt, et il était très heureux, là-bas. La mutation de ses parents bouleverse tous ses repères. Très vite, il se heurte à un mode de fonctionnement très différent de celui qu’il a toujours connu : une classe « difficile », des copains « de la cité », des adultes qui ne comprennent rien à rien. Il connaîtra la mise en quarantaine, le racket, le mépris, l’anniversaire gâché et plus dur que tout, le manque de confiance de ses parents. Non, ils ne le croient pas quand il raconte ce qu’est son quotidien. Alors Antoine part en vrille, fugue, s’énerve, crie, hurle. Il faut changer tout ça, et vite, la famille se délite à une vitesse ahurissante…
Mangez moi
Mangez moi Bien
Note générale
Bien
Mignon tout plein C'est l'histoire d'une femme de 43 ans qui ouvre un restaurant "à l'arrache" : aucune formation et un passé lourd qu'on découvre au fur et à mesure. Miraculeusement, lui tombent du ciel les bonnes personnes au bon moment pour l'aider; "Pourquoi m'aidez-vous ? ai-je envie de leur demander. Qu'est-ce que ce monde nouveau où l'on secourt son prochain ? Serions-nous en train de créer le premier phalanstère viable ? Le mystère de la bonté m'effraie. Tout me parait soudain d'une solennité insoutenable. Je ne mérite pas ça."
Note générale
Bien
Une plume sûre et vaillante « Je n’ai jamais été de celles qui sont capables de se rétracter : je fus incapable d’expliquer que j’avais parlé sans réfléchir, que ce n’était pas ce que je voulais dire. Une fois que j’ai menti, je me retrouve propulsée dans une histoire qui a sa propre dynamique. Ce n’est pas que je me persuade que je dis la vérité, c’est que la vérité devient flexible. Ou plutôt la vérité me parait tout à fait relative, idée effrayante mais inévitable si on examine une vérité assez longtemps, et même rassurante si on la considère froidement. »
No et moi
No et moi Bien
Note générale
Bien
Parce que Thaïs avait lâché l'affaire Mademoiselle Lou, treize ans, un corps de fillette toute minuscule et un cerveau qui carbure beaucoup trop et trop vite pour son bonheur. Une famille en déréliction, touchée à n'en pas s'en remettre par le deuil. Une grande solitude, forcément, treize ans en classe de seconde, de retour sur Paris, après une primaire-collège à des centaines de kilomètres de chez elle, dans un établissement pour enfants précoces. Seule, bien perdue mais pourtant, vivante. Vaillante. Etincelante, en ce sens que la vitalité pétille par bouffées, que s'interroger, ça fatigue, mais ça entretient la machine, aussi.