Les intellectuels antifascistes dans la suisse de l'entre-deux-guerre s
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Résumé
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Écrire l'histoire des intellectuels antifascistes en Suisse, c'est écrire une histoire des vaincus. D'une certaine manière, ces hommes et ces femmes ont été vaincus trois fois.
Une première fois, dans les années 30, leur combat fut celui d'une minorité stigmatisée qui peine à se faire entendre.
En 1945, au moment de la Libération, ils auraient dû triompher, mais leurs témoignages furent immédiatement invalidés parce qu'ils révélaient en creux le comportement de la majorité des élites du pays.
Enfin, même dans la...
Une première fois, dans les années 30, leur combat fut celui d'une minorité stigmatisée qui peine à se faire entendre.
En 1945, au moment de la Libération, ils auraient dû triompher, mais leurs témoignages furent immédiatement invalidés parce qu'ils révélaient en creux le comportement de la majorité des élites du pays.
Enfin, même dans la...
Les intellectuels antifascistes dans la suisse de l'entre...
Résumé
Écrire l'histoire des intellectuels antifascistes en Suisse, c'est écrire une histoire des vaincus. D'une certaine manière, ces hommes et ces femmes ont été vaincus trois fois.
Une première fois, dans les années 30, leur combat fut celui d'une minorité stigmatisée qui peine à se faire entendre.
En 1945, au moment de la Libération, ils auraient dû triompher, mais leurs témoignages furent immédiatement invalidés parce qu'ils révélaient en creux le comportement de la majorité des élites du pays.
Enfin, même dans la mémoire de cette période qui se construira pendant un demi-siècle, nul espace ne leur fut réservé. L'image dominante a été celle d'une Suisse qui aurait formé un peuple menacé et héroïquement replié autour des valeurs de la Défense nationale spirituelle.
Il est temps de redonner la parole à ces combattants.
Alain Clavien enseigne l'histoire contemporaine à l'Université de Fribourg.
Nelly Valsangiacomo enseigne l'histoire contemporaine à l'Université de Fribourg.
Extrait du livre :
MILITANTISMES INTELLECTUELS DANS LE CANTON DU TESSIN PENDANT LE FASCISME:
LE CAS DE L'«ASSOCIAZIONE ROMEO MANZ0NI» (1929-1930)
NELLY VALSANGIACOMO
L'étude de l'Association culturelle Romeo Manzoni permet de saisir les rapports entre intellectuels suisses et italiens dans les -années 30, en faisant apparaître le Tessin comme un lieu privilégié d'expression pour les intellectuels italiens pendant la période de censure que l'Italie a connue. L'analyse du champ culturel tessinois dans ses interrelations avec le champ culturel italien et avec les champs politiques respectifs de ces pays conduit à une réflexion sur les diverses déclinaisons possibles du concept d'«intellectuel engagé».
LE TESSIN: LIEU DE RENCONTRE CULTUREL
L'arrivée des fuorusciti2 italiens dans le canton du Tessin, dès les débuts du fascisme au pouvoir, est un événement qui s'inscrit dans les relations de longue durée entre l'Italie et le canton. Région italophone suisse, le Tessin a, depuis toujours, des liens étroits - économiques, sociaux et culturels - avec l'Italie voisine. À partir de la création du chemin de fer nord-sud, avec le percement de la galerie du Gothard (1872-1882), l'immigration économique italienne sera massive dans le canton. Au moment du recensement fédéral de 1910, la communauté italienne au Tessin regroupe environ 10000 individus, soit un quart du nombre d'Italiens qui habitent la Suisse. Le Tessin, comme d'ailleurs la Confédération, devient donc très rapidement l'une des destinations européennes privilégiées par les immigrés italiens.
Cette immigration économique comprend des éléments fortement politisés. Leurs rangs se grossissent du flux d'exilés politiques italiens, qui tout au long du XIXe siècle, notamment durant le Risorgimento et après les mouvements insurrectionnels de 1898, cherchent refuge dans le canton et en Suisse en général. Pour ces émigrés politiques, le Tessin est une «zone franche», où fonder des journaux, des revues et même des maisons d'édition, qui leur permettent de diffuser leurs idées à l'abri de la censure italienne.
Une première fois, dans les années 30, leur combat fut celui d'une minorité stigmatisée qui peine à se faire entendre.
En 1945, au moment de la Libération, ils auraient dû triompher, mais leurs témoignages furent immédiatement invalidés parce qu'ils révélaient en creux le comportement de la majorité des élites du pays.
Enfin, même dans la mémoire de cette période qui se construira pendant un demi-siècle, nul espace ne leur fut réservé. L'image dominante a été celle d'une Suisse qui aurait formé un peuple menacé et héroïquement replié autour des valeurs de la Défense nationale spirituelle.
Il est temps de redonner la parole à ces combattants.
Alain Clavien enseigne l'histoire contemporaine à l'Université de Fribourg.
Nelly Valsangiacomo enseigne l'histoire contemporaine à l'Université de Fribourg.
Extrait du livre :
MILITANTISMES INTELLECTUELS DANS LE CANTON DU TESSIN PENDANT LE FASCISME:
LE CAS DE L'«ASSOCIAZIONE ROMEO MANZ0NI» (1929-1930)
NELLY VALSANGIACOMO
L'étude de l'Association culturelle Romeo Manzoni permet de saisir les rapports entre intellectuels suisses et italiens dans les -années 30, en faisant apparaître le Tessin comme un lieu privilégié d'expression pour les intellectuels italiens pendant la période de censure que l'Italie a connue. L'analyse du champ culturel tessinois dans ses interrelations avec le champ culturel italien et avec les champs politiques respectifs de ces pays conduit à une réflexion sur les diverses déclinaisons possibles du concept d'«intellectuel engagé».
LE TESSIN: LIEU DE RENCONTRE CULTUREL
L'arrivée des fuorusciti2 italiens dans le canton du Tessin, dès les débuts du fascisme au pouvoir, est un événement qui s'inscrit dans les relations de longue durée entre l'Italie et le canton. Région italophone suisse, le Tessin a, depuis toujours, des liens étroits - économiques, sociaux et culturels - avec l'Italie voisine. À partir de la création du chemin de fer nord-sud, avec le percement de la galerie du Gothard (1872-1882), l'immigration économique italienne sera massive dans le canton. Au moment du recensement fédéral de 1910, la communauté italienne au Tessin regroupe environ 10000 individus, soit un quart du nombre d'Italiens qui habitent la Suisse. Le Tessin, comme d'ailleurs la Confédération, devient donc très rapidement l'une des destinations européennes privilégiées par les immigrés italiens.
Cette immigration économique comprend des éléments fortement politisés. Leurs rangs se grossissent du flux d'exilés politiques italiens, qui tout au long du XIXe siècle, notamment durant le Risorgimento et après les mouvements insurrectionnels de 1898, cherchent refuge dans le canton et en Suisse en général. Pour ces émigrés politiques, le Tessin est une «zone franche», où fonder des journaux, des revues et même des maisons d'édition, qui leur permettent de diffuser leurs idées à l'abri de la censure italienne.
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Les intellectuels antifascistes dans la suisse de l'entre-deux-guerre s
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- ISBN
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2940146586
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02429075
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