Avis client

Valmyvoyou lit
Actif depuis le 20 novembre 2017
Dernier avis le 14 juillet 2019
156 avis rédigés
4,5/5 évaluation moyenne
93 notes utiles

Au loup
Au loup Bien
Note générale
Bien
Qui ment ? Angela est une pré-adolescente de douze ans, mal dans sa peau. Les relations avec sa mère sont très tendues et elle est très violente au collège. Après une tentative de suicide, elle confie à sa mère les raisons de son mal-être : elle a subi une agression sexuelle de la part de son professeur de théâtre, Nick Dean. Lorsque Nick est arrêté à la suite aux révélations de son élève, son monde s’effondre. Il crie son innocence, mais un faisceau d’indices corrobore les accusations de l’adolescente. Sa vie sociale, professionnelle et familiale s’effondre. Il n’a plus le droit d’être seul avec des enfants, alors qu’il est père d’un petit garçon et d’une petite fille. Chaque chapitre est une alternance entre les différents personnages : Angela, sa mère Donna, son père Stephen, Nick et sa femme Marina. Les informations données par chacun ne permettent pas de découvrir la vérité. Au contraire : les portraits psychologiques sont si poussés que ce sont les zones d’ombre qui ressortent. Ce qui est certain, c’est que les répercussions sont immenses, que ce soit pour Nick ou Angela. Lequel des deux ment ? Difficile de le savoir, mais ils vivent tous les deux un enfer, qui éclabousse aussi leur entourage. Je pense que la conclusion peut être qualifiée de surprise. En ce qui me concerne, je l’ai comprise assez vite. Mais c’est en raison d’expérience de vie. Cela ne m’a pas empêchée de me demander jusqu’au bout si mon intuition était bonne, car l’auteure m’a fait passer d’une conviction à une autre, tout au long du livre. J’ai dévoré Au loup. Je trouve que le titre est particulièrement bien trouvé. L’alternance de voix et les portraits des personnages attisent l’envie de savoir où se situe la réalité des faits. Je ne me suis pas attachée à un en particulier, c’était la quête de vérité qui me faisait tourner les pages, l’envie de savoir. J’ai adoré que mes convictions soient malmenées.
L'arrache-mots
L'arrache-mots Super !
Note générale
Super !
Ode aux lecteurs Iliade est une arrache-mots. Lorsqu’elle lit à voix haute, elle donne vie aux mots et aux histoires, les lettres et les personnages sortent du livre et créent des illusions, puis ils retournent dans l’ouvrage lorsque la lecture est terminée. Un jour, elle reçoit une demande en mariage surprenante, accompagnée d’un contrat alléchant. Seulement, elle ne sait pas qui veut l’épouser et elle doit garder le secret. Le seul indice qu’elle possède est que la missive émane d’un membre de la famille royale. Elle se rend à la Cour bien décidée à connaître l’identité de son soupirant. Elle se retrouve au milieu d’intrigues bien éloignées de son quotidien. Ce roman est à l’opposé de mes lectures habituelles, cependant j’ai eu un gros coup de cœur pour L’arrache-mots. Il m’a semblé magique et pas seulement parce que la magie est présente dans l’histoire. Ce qui me fait utiliser ce mot, c’est la manière dont ce livre m’a transportée hors de la réalité, a fait briller mes yeux et a enflammé mon imaginaire. C’est un conte de fées, dans lequel la littérature a un rôle principal. Il dépeint la magie des mots et des œuvres littéraires. J’ai beaucoup aimé la présence de citations d’œuvres classiques. L’arrache-mots est une ode aux livres et surtout aux lecteurs qui les font vivre. Comme le pense Iliade, une bibliothèque sans lecteurs est un cimetière de livres. Iliade parle aussi du pouvoir de la littérature. La jeune fille va aussi faire d’autres apprentissages, elle va découvrir qu’il y a d’autres langages que celui des mots, car ce roman est aussi une histoire de rencontre et de sentiments.
Note générale
Bien
Une jolie saga sur l’adolescence A la mort de sa mère, Louise retourne dans la maison de son enfance avec son frère, Gabriel. Elle relit ses journaux intimes commencés l’année de ses treize ans, en 1976. Elle se remémore son adolescence. Le récit est un mélange de ses écrits de l’époque et des souvenirs qu’elle raconte. Louise indique qu’elle a fui, à dix-huit ans, et n’est jamais revenue à Sceaux. Un événement a marqué la fin de cette période et elle a du mal à en parler. Le livre relate les cinq années précédentes qui ont conduit à son départ. Ce roman décrit la jeunesse dans les années 70. Louise raconte ses émois de jeune fille, son mal-être qui s’est exprimé à travers son corps, la découverte de son identité. Elle parle de ses relations avec sa mère, à une époque pendant laquelle les adultes disaient de mettre un mouchoir par-dessus les soucis. C’est aussi l’âge des amitiés fortes et des premiers amours, les unes se confondant parfois avec les autres. Louise repense à ses goûts musicaux, à ses lectures et à ses interrogations sur la sexualité. Elle se souvient de l’attirance qu’elle avait pour la famille Donadieu, ce qui n’était pas au goût de sa mère. J’ai beaucoup aimé Viens-tu du ciel profond. L’écriture crée une intimité entre Louise et le lecteur et renvoie à la période difficile de l’adolescence. Très vite, j’ai eu envie de comprendre quel était ce secret qui avait eu une influence si forte sur toute la vie de la narratrice. La mélancolie de cette histoire a fait que je me suis attachée à cette dernière. Les moments de joie alternent avec ceux plus difficiles. Le journal de Louise aurait pu être écrit par beaucoup de jeunes, car les préoccupations qu’il contient sont universelles, même si certains sujets sont avant-gardistes.
Note générale
Super !
Un de mes plus gros coups de cœur 2019 J’avais énormément d’attentes concernant La mémoire de vignes. En effet, Tatiana de Rosnay fait référence à son superbe livre Elle s’appelait Sarah et au magnifique roman Le chant du rossignol de Kristin Hannah. Booklist le compare aussi aux ouvrages de Kate Morton. Je suis une inconditionnelle de ces auteures. Aussi, j’avais hâte de lire La mémoire des vignes mais j’avais aussi une certaine appréhension. J’avais peur d’en attendre trop. Je ne vais pas vous faire languir : c’est ma 105eme lecture de 2019 et elle fait partie de mes plus gros coups de cœur de cette année. Un signe qui ne trompe pas : je suis très triste de l’avoir finie. Kate, une Américaine, va passer le très prestigieux et difficile concours de Master of Wine. Pour se préparer, elle se rend en France, dans le vignoble de son cousin, Nico, qui est marié avec Heather, une amie de Kate. Heather sollicite son amie pour ranger la cave du domaine. Les jeunes femmes vont faire des découvertes surprenantes, datant de la Seconde Guerre mondiale. Mais pour quelles raisons, leurs recherches semblent ébranler la famille ? Quels sont les secrets tus sur cette période sombre ? Le récit de 2015 est entrecoupé par des extraits du journal d’Hélène, une jeune fille qui a vécu dans la propriété, pendant les années noires de l’Occupation. Les secrets qu’il contient ne sont révélés qu’au lecteur, les personnages du présent n’en connaissent pas l’existence. J’ai aimé cette originalité, cela me donnait envie de souffler des informations à Kate, de l’aider dans sa quête de vérité sur son histoire familiale. Qui est Hélène ? Quel a été son rôle pendant la Guerre ? Pour quelle raison, Kate et Nico n’ont jamais eu connaissance de son existence ? J’ai autant aimé les passages se passant à notre époque que pendant les années 40. C’est une saga si captivante qu’une fois commencée, je n’avais plus envie de la lâcher. J’ai, pourtant, essayé à la fin de me retenir pour ne pas quitter cette histoire qui m’a tant transportée, mais sans succès, il fallait que je sache et que je retrouve les personnages à qui je me suis tant attachée. Conclusion La mémoire des vignes est un roman historique, car il traite de la Résistance et de la collaboration. C’est aussi une histoire de terroir, puisqu’il décrit le travail des vignes et la passion qui anime les vignerons. Moi, qui n’aime pas le vin, j’ai même été tentée d’en déguster. Le poids du passé et les amours contrariés, ont un fort pouvoir romanesque. Quant aux secrets entourant le domaine sont les bases d’une merveilleuse saga familiale. La mémoire des vignes est un roman magnifique, comme sa couverture.
Lune pourpre
Lune pourpre Super !
Note générale
Super !
Un magnifique roman envoûtant Je ne lis pas beaucoup de livres se passant à une période aussi ancienne, mais j’ai été immédiatement attirée par la quatrième de couverture et par la couverture. Il s’agit de la peinture Fillette endormie de Léon Bonnat (1852). Normandie. Village de Crèvecoeur-en-Auge. Début des années 1500. Hermine est née avec un pied bot. Elle ressent qu’elle est un poids pour sa famille et trouve refuge auprès des animaux de la ferme. Sa vie change à ses huit ans. Alors qu’elle est moquée et chahutée par des garnements, elle est défendue par Clovis, un garçon de deux ans, son aîné. Cette rencontre marque le début d’une magnifique amitié entre Clovis, Hermine et une autre petite fille Aurore. Ces trois enfants au grand cœur ont scellé un pacte qui consiste à aider les miséreux ainsi que les animaux persécutés. J’ai été très touchée par leurs actions de sauvetage. En cette époque de chasse aux sorcières, certains animaux sont en danger. Heureusement, les trois amis sont malins. Ils sont facétieux et très imaginatifs. Le récit alterne entre des passages d’espièglerie et d’émotion. Pour faire le bien, ces petits doivent ruser. Le plus troublant est de réaliser que certaines superstitions existent encore, dans les années 2000. En grandissant, les sentiments évoluent et les amitiés à trois sont toujours difficiles. Les rivalités et les jalousies peuvent conduire à des tragédies, surtout quand les adultes s’en mêlent. La plume est magnifique, elle est envoûtante, parfois poétique, et correspond à l’époque. L’histoire de Clovis, Hermine et Aurore est passionnante. Nous les suivons de l’enfance jusqu’au début de leur vie adulte. Tout le roman est empreint des croyances du XVIeme siècle et sur leurs conséquences. Certaines sont à l’origine de drames. Lune poupre montre aussi de quelle manière les événements peuvent s’enchaîner sans qu’il soit possible de les arrêter, face à la vindicte populaire. Ce livre traite, également, des relations mère-fille, de la différence, d’amitié, de rivalité, de sorcellerie et de vengeance. Il décrit les mœurs de l’époque et surtout la dangerosité des peurs collectives, par lesquelles le malheur arrive, quand l’hystérie envahit un village. Conclusion Avec cet ouvrage, j’ai été émue, révoltée, amusée, attendrie et remuée. Il n’y a pas que les enfants qui m’ont touchée dans cette histoire : il y a une vieille dame. A travers cette femme bouleversante, Virna Lorentz montre que les apparences ne révèlent pas le cœur d’une personne. Lune pourpre est un énorme coup de cœur qui m’a envoûtée.
La fuite
La fuite Bien
Note générale
Bien
Un roman intéressant et instructif Ce livre débute en 1936, alors que la guerre d’Espagne commence. Le Pays basque est enflammé, des membres de la même famille combattent les uns contre les autres. La mère d’Andoni, Ana, décide de fuir avec ses enfants et de s’exiler en France. Son mari, en bon soldat, reste pour combattre aux côtés des milices basques. Il ne sait pas s’il reverra sa famille. La première partie dépeint le cadre historique et politique. Il m’a fallu rester attentive, car ce contexte est compliqué à comprendre. Cette mise à sang du Pays Basque a eu des répercussions dans toutes les familles. Des frères se battaient les uns contre les autres, celui qu’on prenait pour un allié est peut-être un ennemi, etc. L’auteur décrit minutieusement les enjeux et les conséquences de cette guerre. C’est très intéressant mais pas toujours facile à assimiler. Cependant, il était nécessaire que l’auteur décrive le climat comme il l’a fait. La fuite d’Andoni avec sa maman et ses deux frères était plus facile à appréhender. Marc Etxeberria-Lanz montre les difficultés d’intégration pour les Espagnols arrivés en France. La peur et la méfiance des étrangers étaient très fortes. Les brimades étaient régulières. Personne ne savait ce qu’il se passait réellement en Espagne. Dans cet exil, Ana fait preuve d’un grand courage. Elle pense à l’avenir de ses enfants. Certaines portes se ferment devant eux et d’autres mains se tendent… Conclusion Ce roman est d’une grande richesse historique. Cela est passionnant, mais demande parfois de la concentration pour bien comprendre les ramifications du conflit en Espagne. Cela précise les enjeux pour la famille d’Andoni et la partie romanesque commence à travers leur destin. J’ai beaucoup aimé Andoni, la fuite et j’ai très envie de lire la suite qui promet des moments palpitants.
Note générale
Moyen
Un début difficile et ensuite un livre prenant Kate doit apprendre à vivre avec ses troubles de mémoire. Miraculée d’un accident de voiture, elle a oublié tout ce qu’il s’est passé les jours précédents. Elle finit par apprendre qu’elle aurait tenté de suicider, en jetant sa voiture dans un lac. Son mari lui en veut et les relations sont très tendues. Sa fille Lyla, qui semble avoir un syndrome d’Asperger, a peur et Kath ne sait plus à qui se fier. Elle essaie de creuser le passé pour savoir ce qui a pu pousser cette mère de famille aimante à quitter sa famille. Elle se méfie de tout le monde, même d’elle-même. Je n’ai jamais lu ni Le doute, ni La menace de S.K Tremayne. Aussi, je n’avais aucune attente particulière. Cependant, j’ai eu énormément de mal à entrer dans l’histoire. J’ai failli abandonner ma lecture, plusieurs fois. Je trouvais que l’ambiance était pesante, sans que rien ne se passe. Je me suis accrochée et j’ai bien fait, car après une première partie qui m’a ennuyée, j’ai beaucoup plus apprécié ma lecture. Les personnages se sont révélés. J’ai même adoré Lyla, la petite fille. Mais surtout, une intrigue s’est mise en place. J’ai enfin commencé à m’angoisser pour des personnages et à me questionner sur tous. J’ai aimé l’enquête que Kath mène sur son passé et les éléments effrayants du présent. Je me suis mise, à mon tour, à avoir des doutes sur tout l’entourage de Kath et sur elle-même. J’ai aimé le fait que l’auteur m’emmène sur des fausses pistes et fasse des révélations incomplètes qui ouvrent la voie à différentes possibilités, sans que je puisse déterminer laquelle était la vraie. A force de lire des thrillers, je me suis approchée de la vérité mais elle était beaucoup plus complexe que je le soupçonnais. Conclusion Après un début difficile, je suis heureuse d’avoir poursuivi ma lecture. Une fois que les premières pièces de l’intrigue se sont imbriquées, l’ambiance très noire et glaçante s’est justifiée et le suspense s’est mis en place. Le portrait psychologique des personnages s’est dévoilé et le livre est devenu prenant.
Note générale
Bien
Des faits historiques méconnus En 2001, en Italie, Florence Willis, une vieille dame anglaise reçoit un appel qui la plonge dans le passé. Son interlocuteur, Bartolomeo demande son aide pour reconstituer son histoire familiale. Alors qu’il a toujours pensé que son grand-père était mort au combat, il découvre, lors du décès de sa grand-mère, Lina, une lettre qui le déstabilise. Celle-ci indique que son aïeul aurait « disparu, probablement noyé. » Flo a bien connu les grands-parents du jeune homme. Elle les avait rencontrés dans les années 1930, dans le quartier italien de Londres, Little Italy. Ils étaient des proches de son fiancé Michele. Alors qu’elle se replonge dans ses souvenirs, elle hésite à les partager avec Bartolomeo. Si Lina n’a rien dit, doit-elle le faire ? A travers l’histoire de Flo et de ses amis, Caterina Soffici raconte un fait historique méconnu. Les Italiens étaient très bien intégrés en Angleterre. Ils avaient leur quartier avec de bons restaurants dans lesquels les Anglais allaient avec plaisir. C’est ainsi que Flo, une Anglaise, a rencontré Michele et ses amis. Je me suis énormément attachée à ces personnages. Mais tout a changé lorsque l’Italie est entrée en guerre. Tous les Italiens ont été soupçonnés de fascisme et la peur d’une cinquième colonne a donné naissance à des exactions. Tous les hommes âgés de plus de vingt ans ont été arrêtés. Il y a eu beaucoup d’emprisonnements et de déportations. Ce livre provoque une réflexion. J’ai été horrifiée par la façon dont été traitées toutes ces familles, mais j’ai aussi compris que c’était la peur qui avait provoqué ces tragédies. En effet, avant l’annonce de Mussolini, certains Italiens avaient leur carte du parti fasciste. Les Anglais ont eu peur que l’ennemi soit parmi eux. Un cœur vaillant parle aussi de la culpabilité du survivant. Une très belle amitié intergénérationnelle naît entre Flo et Bartolomeo. C’est un récit de transmission et de mémoire. Se souvenir pour que cela n’arrive plus. Ce roman est construit avec une alternance de voix. Il n’est pas indiqué qui parle, mais le contexte permet de situer. Nous ne sommes jamais perdus. Conclusion J’ai adoré Un cœur vaillant. A travers l’histoire de personnages très attachants, ce roman raconte des faits historiques méconnus. Il relate le traitement des Italiens, pendant la deuxième guerre mondiale, en Angleterre, suite à l’entrée en guerre de leur pays natal. Il décrit la tragédie de l’Arandora Star, qui a détruit tant de familles, et dont je n’avais jamais entendu parler.
Note générale
Bien
Un huis clos angoissant A 1h06 du matin, le 28 octobre, Charlotte se réveille dans un état de tension extrême. Il y a trois ans, un voyant lui a prédit que c’est à cette date qu’elle succomberait à une mort violente. N’arrivant plus à dormir, elle allume la télévision et regarde BFM. Le reportage est anxiogène puisqu’il traite d’un tueur surnommé l’égorgeur de chats. En effet, il ne tue que des femmes blondes, de vingt-cinq à trente ans, ayant un chat et une bonne situation professionnelle. C’est le portrait de Charlotte. Pour la jeune femme (et le lecteur), c’est le début d’heures d’angoisse. Tout ce que le voyant avait annoncé à ses amies s’est réalisé, en sera-t-il de même pour les révélations la concernant ? Son petit ami est en déplacement professionnel, son immeuble est vide, elle est seule avec son chat… Jacques Expert navigue entre l’immeuble de Charlotte et les pensées du tueur de femmes. Ce dernier décrit ses méthodes, le choix de ses proies et détaille sa journée en cours. Il donne même des conseils à ceux qui veulent l’imiter. Sa façon de s’exprimer est en décalage avec ses actes horribles : il serait presque sympathique si le contenu de ses propos n’était pas atroce. Il est intelligent et patient. Ce huis clos est angoissant. Les chapitres alternent entre les deux voix, l’une semble répondre à l’autre, mais nous ne sommes pas sûrs que ce soit le cas. Le tueur poursuit-il Charlotte ou une autre femme ? Sommes-nous le même jour ? Mais qui est-il ? Le savoir permettrait de savoir si la jeune femme a raison de céder à la panique, et nous aussi par la même occasion, car nous ne sommes pas ménagés. J’ai tremblé de nombreuses fois, j’ai eu envie d’inciter Charlotte à la prudence, j’étais très tendue. J’étais encore plus paranoïaque qu’elle. La date de notre mort est-elle prévue ? Peut-on la modifier ? La connaître influe-t-il sur notre comportement et nos réactions ? Le voyant était-il un charlatan ? Jacques Expert s’amuse avec nous. Il est déstabilisant, créant une certaine frustration, par moments. Mais celle-ci est émoustillante, car j’ai compris qu’elle découlait d’une habitude à certains usages. L’auteur casse les codes et montre que l’intérêt de l’histoire n’est pas là où on s’y attend. Conclusion J’ai adoré Le jour de ma mort. Ce page turner m’a donné des sueurs froides et m’a créé des moments de panique. Une fois commencé, il est impossible de le lâcher sans savoir si Charlotte passera la journée.
Note générale
Super !
Une Madeleine de Proust littéraire Septembre 1991, Caroline entre en quatrième, dans un nouveau collège. A cet âge, on ne veut pas être différent des autres, ni trop se noyer dans la masse, de peur de se retrouver seul. Ce n’est pas facile de trouver sa place. C’est l’âge des premiers amours, des amitiés qui comptent, celui où on décortique pendant des heures, avec sa meilleure amie, la phrase qu’a prononcée le garçon qui nous plaît, etc. Dès les premières lignes, le ton est donné. On se retrouve dans une salle de classe, à la place de Caroline, et on remplit la fiche de renseignements que chaque professeur demandait à la rentrée. Caro est la narratrice, cependant, très vite, je me suis identifiée à elle. Combien de fois me suis-je exclamée : « Mais moi aussi, je faisais cela ou j’avais cela. » C’est toute une époque qui est remontée à la surface. A cet âge-là, ma vie familiale était difficile. Mais je pense que comme Caroline, je me suis déconnectée de ce que je vivais chez moi. En effet, mon regard sur ces souvenirs qui sont remontés, en lisant ce roman, est teinté de nostalgie. J’ai eu la sensation d’une Madeleine de Proust littéraire. Je suis redevenue l’adolescente qui avait le cœur qui battait pour une main frôlée, qui regardait Madame est servie, qui écoutait de la musique triste dans son walkman, qui a regardé Dirty Dancing, un nombre incommensurable de fois, qui passait des heures au téléphone (ma mère a fini par mettre un code
Note générale
Bien
Un polar mêlé de roman historique Deux vieilles dames d’une même maison de retraite meurent à deux jours d’intervalle. Les décès sont considérés comme suspects, car l’une d’elles a été hospitalisée et les analyses ont révélé un empoisonnement. Étaient-y-elles visées toutes les deux ? Si non, laquelle l’était ? La deuxième mort est-elle un dommage collatéral ? Quel est le mobile ? Les suspects sont nombreux : le personnel médical, les héritiers, des personnes extérieures. Emilie découvre qu’elle est présente sur le testament de sa tante, Elfrieda, qu’elle n’a pas vue depuis trente ans. Elle ne connaît pas l’origine des liens rompus entre sa mère et Elfrieda. Elle se rend aux obsèques aux côtés de ses cousins, Thierry et Alexander. Ces derniers lui font des révélations, sur l’histoire familiale, qui remontent au XVIIeme siècle. L’enquête du commissaire Ziegler est entrecoupée par des chapitres relatant la chasse aux sorcières, en 1630, en Alsace. Cette partie historique est très intéressante. C’est un sujet que je ne connais pas et j’ai beaucoup aimé la manière dont Isabelle Raffard le traite. Je me suis demandé si le passé avait un lien avec le présent. En ce qui concerne les investigations des policiers, même s’ils utilisent les nouvelles technologies, j’ai eu l’impression d’un polar à l’ancienne. Les interrogatoires sont relatés, les réflexions des enquêteurs aussi, et j’ai aimé réfléchir sur ce que les témoins pouvaient cacher. J’ai beaucoup aimé l’ambiance de l’enquête. Le suspense est agréable. Je me suis beaucoup questionné sans ressentir d’angoisse, et je prenais plaisir à démêler les nœuds. Je dois préciser que je n’étais pas arrivée aux bonnes conclusions et que celles-ci sont géniales. J’ai aussi aimé l’écriture d’Isabelle Raffard. Elle provoque un attachement aux personnages. Je les ai appréciés tout en les soupçonnant. Conclusion J’ai adoré ce polar mêlé de roman historique qui appuie l’intrigue. Il n’y a pas de paranormal, pas d’angoisse, mais les méninges travaillent beaucoup. J’ai énormément aimé l’atmosphère de ce livre, je me sentais bien. J’ai passé un excellent moment avec L’auberge de la sorcière. L’écriture de l’auteure a fait que je n’avais pas envie de le lâcher. Je vous le recommande.
Aya
Aya Bien
Note générale
Bien
Touchant Petite Aya, j’ai essayé de garder un œil distancié, mais ton histoire m’a rattrapée. Dès le prologue, le lecteur sait les souffrances que tu endures. Mais toi, tu es encore une petite fille, tu n’as pas conscience que ce n’est pas de ta faute. Tu es encore innocente et tu t’émerveilles pour des choses simples de la vie. Pourtant, tu as été obligée de grandir très vite depuis que ton père est mort accidentellement et que ta mère s’est réfugiée dans un monde irréel. En parlant d’autres mondes, ton frère est parti tenter sa chance, ailleurs, pour vous. Il est un migrant, comme on dit. Tu aimerais avoir de ses nouvelles. Ma douce Aya, ta route, heureusement, a croisé celle de Camille. Et si elle te donnait les clés d’une autre existence ? Peut-être que grâce à elle, tu trouveras le chemin de la résilience, même si pour cela, il te faudra faire des sacrifices. Avec mes yeux d’Occidentale, certains de tes choix m’ont fait mal, mais je les ai respectés. Je ne suis pas entrée, immédiatement, dans ton histoire, mais très vite, tu m’as touchée, sans que tu le cherches. Marie-Virginie Dru parle de toi sans prendre un ton dramatique et avec de la poésie. Tu es un personnage de fiction, Aya, mais il existe beaucoup de petites filles comme toi. J’espère que grâce à ton histoire, elles sauront qu’il y a, à Dakar, la Maison Rose qui vient en aide aux femmes et aux adolescentes en souffrance. Cette structure existe réellement.
Sans mon ombre
Sans mon ombre Super !
Note générale
Super !
Suspense et humour : j’ai adoré Lors d’une dispute, Alice tue sa jumelle, Célia. Alice est célibataire et est enseignante en philosophie. Célia est mariée, elle a deux enfants, elle vit dans le luxe, et elle semble heureuse. Alice décide de profiter de la mort de sa sœur pour prendre sa place. Elle aurait dû s’abstenir, car l’existence de Célia n’est pas si belle que les apparences le font croire. Bienvenue en enfer… Tout d’abord, j’ai aimé la façon dont est traité le thème de la gémellité. Tout oppose les sœurs. Célia a toujours été mise en avant par leur mère, car elle était la petite fille modèle. Alice a pris le contrepied en étant l’initiatrice des bêtises. Même à l’âge adulte, la vie émancipée d’Alice ne trouve pas grâce aux yeux de leur génitrice, qui préfère la vie rangée de son autre fille. Une rivalité s’est installée. Cependant, chacune rêve de la vie de l’autre, sans l’exprimer. Dans ce thriller, les liens entre jumelles sont dépeints dans ce qu’ils ont de plus néfastes. Lorsqu’Alice parle de Célia, elle l’appelle l’autre. J’ai aimé les personnages, j’ai surtout apprécié les détester. Je dois avouer qu’un m’a mise, particulièrement sur les nerfs. Il s’agit de la belle-mère de Célia. Alice n’est pas un personnage très agréable, et pourtant, je reconnais que j’ai espéré que la situation ne devienne pas trop compliquée pour elle. J’ai autant été choquée par certains de ses comportements, que j’ai applaudi certaines de ses attitudes. Je l’ai autant haïe pour certains de ses actes que je l’ai appréciée pour d’autres. Et par moments, j’ai aimé la détester. L’ambivalence humaine… Ensuite, j’ai adoré qu’Alice découvre que les apparences sorties de leur contexte sont différentes de la réalité. Même si j’ai, par moments, regretté son manque d’empathie envers Célia. L’auteure, après avoir montré la vie de Célia, nous dévoile les pensées de cette dernière. Cette partie m’a touchée. La vie en société, avec ses obligations de paraître, cache la vérité d’une existence. Edmonde Permingeat décrit très bien la manipulation psychologique de certains êtres toxiques. Elle montre aussi la maltraitance invisible. Enfin, j’ai adoré l’humour caustique, très cinglant présent dans ce triller. J’ai plusieurs fois ri ou poussé des cris d’indignation amusée. Certaines réparties m’ont enchantée. Conclusion J’ai été happée par le suspense de ce thriller. J’ai aimé la façon dont Edmonde Permingeat a traité les thèmes de la gémellité, des apparences, de la jalousie et de l’envie, etc. J’ai adoré les portraits psychologiques des personnages et l’humour noir de l’auteure m’a complètement séduite.
Note générale
Moyen
Blessures d’enfance Jeanne a connu une famille d’accueil maltraitante, à laquelle elle a été retirée. Alors qu’elle a sept ans, en 1960, elle retrouve ses deux demi-sœurs à l’Assistance publique. Elles ont la chance d’être recueillies, toutes les trois, par Mademoiselle Eugénie. Les premiers jours, elles savourent leur bonheur. Un jour, Mademoiselle rentre avec un bébé. Elle leur dit que c’est leur petite sœur. Jeanne comprend que la situation est plus complexe qu’elle ne paraît. Jeanne est la narratrice. C’est à travers ces yeux d’enfants, puis d’adulte, que l’histoire est racontée. Elle explique les raisons qui ont fait qu’elle a toujours eu du mal à trouver sa place. Elle décrit de quelle manière elle a ressenti de l’injustice face à certaines situations et le sentiment d’abandon qui ne l’a jamais quittée. Jeanne ne demande qu’à être aimée et à recevoir des marques d’affection. Elle montre comment une phrase peut résonner toute sa vie, dans le cœur d’un enfant. Elle décrit les chemins détournés qu’une petite fille utilise pour recevoir de l’attention, parfois en se faisant plus de mal qu’autre chose. Cette recherche d’opprobre est ce qui la guide et ne pas toujours être payée en retour est difficile. Heureusement, certaines personnes qu’elle aime sont très attachées à elle. Jeanne découvre que certaines bonnes actions peuvent être le résultat d’un calcul. Cette prise de conscience lui fait énormément de mal… La petite Jeanne est très touchante. Plusieurs fois, j’ai senti l’émotion monter. J’ai été intriguée par le secret qui entoure la petite sœur et j’ai apprécié sonder le cœur de Jeanne. J’ai bien aimé ce roman, cependant, j’ai eu l’impression que je n’étais pas aussi sensible que j’aurais dû l’être aux descriptions. J’ai eu l’impression, par moments, d’être noyée par elles et je pense que c’est ce qui fait que je n’ai pas aimé ce livre autant qu’il le mérite.
Note générale
Bien
Un roman lumineux Louane, dix-huit ans, vient de rater son bac. Elle est emmurée dans un schéma familial. Laurène, trente-neuf ans, est emprisonnée par son poste aux ressources humaines et son fonctionnement avec les hommes. Louise, soixante-dix-sept ans, est enfermée par ses enfants dans une maison de retraite. Elles ne se connaissent pas, mais le hasard des rencontres fait qu’elles deviennent amies. Ou est-ce le destin ? Elles sont les 3 « L ». Leur amitié leur donne l’envie de reprendre leur liberté et la force de tenter de briser leurs chaînes pour enfin vivre leurs rêves. Chaque chapitre commence par un texte qui amorce le sujet et qui donne à réfléchir. C’est joliment tourné et je me suis attardée plusieurs fois sur la poésie des mots et des images. Ces trois personnalités féminines sont attachantes. Je les ai toutes aimées, chacune avec son vécu et sa vision du monde. Leurs liens, qui dépassent les générations, sont émouvants. Leur union leur permettra-t-elle de réaliser leurs rêves ? Malgré leur solitude, elles ne sont pas seules et leur entourage tente de s’interposer. Ce sont des épreuves qui vont les faire se connaître. Je ne vous révélerai pas lesquelles, car j’ai aimé les découvrir. Malgré les difficultés et des moments douloureux, Je ne cours plus qu’après mes rêves est un roman lumineux qui fait du bien. J’ai aimé la magie de cette aventure humaine, qui m’a fait passer par une large palette d’émotions, de la peine à la joie. Mais la sensation qui m’imprègne, après cette lecture, est celle de la douceur. Enfin, Louise m’a fait penser à ma mamie que j’aimais tant. J’aurais aimé que cette femme extraordinaire, qui a tant compté pour moi, ait eu la possibilité faire ses choix. J’ai énormément aimé Je ne cours plus qu’après mes rêves. Il y a un peu de Louane et de Laurène, en moi, et j’espère avoir la bienveillance de Louise, plus tard.
Note générale
Super !
Waouh ! Une tuerie La police arrive sur les lieux d’un drame. Un couple, Juliette et François, est retrouvé brûlé dans une maison, et leur fils de treize ans est en urgence absolue. Sur place, la grand-mère de l’adolescent et une policière sont les seules personnes vivantes. La police ne dispose que de quatre heures pour écouter leurs versions de l’histoire, puisqu’elles ne sont que témoins. Elles sont chacune dans une salle d’interrogatoire et les policiers se transmettent les informations. Ce drame conjugal, qui paraissait simple au départ, devient nébuleux. Non, mais, qu’est-ce qui vous a pris d’écrire un livre comme celui-là ? Xavier Massé, veuillez pardonner mon impolitesse, je n’ai pas pour habitude d’interpeller les auteurs, mais comment voulez-vous que j’écrive une chronique, moi ? Je ne dois ABSOLUMENT rien révéler pour que les futurs lecteurs se fassent balader comme je l’ai été. Mais comment leur dire que ce thriller m’a scotchée ? La toile ne s’est pas tissée qu’autour des inspecteurs, mais aussi autour de moi. J’ai élaboré des embryons d’hypothèses mais je ne suis jamais allée bien loin, tant vous m’avez embrouillée, tant j’ai eu une sensation de jamais vu. Et cette fin, je ne l’aurais jamais devinée. Et pourtant, elle explique tant de points obscurs. Que ce thriller est machiavélique ! Conclusion À tous ceux qui aiment les suspenses psychologiques ficelés, ahurissants, qui tiennent en haleine, qui font mal au cerveau, ceux qu’on ne peut pas lâcher, avec des twists qui mettent à terre : vous allez prendre une claque. Le seul mot que je peux dire est que L’inconnue de l’équation est une tuerie !
Alice
Alice Super !
Note générale
Super !
Un suspense psychologique très réussi C’est contrainte et forcée qu’Harriet confie sa fille, Alice, à son amie Charlotte, pour aller à une kermesse. Sans cette formation en compatibilité, elle ne l’aurait pas fait, car elle a du mal à se séparer de son enfant. Charlotte jure qu’elle n’a pas manqué de surveiller Alice, pourtant celle-ci a disparu. Le thème de la disparition d’enfants est fréquent dans les thrillers actuels. Il est donc difficile de se démarquer et Heidi Perks a superbement relevé le défi. Dans la première partie, nous suivons l’enfer et l’angoisse que vivent les parents d’Alice, la culpabilité que ressent Charlotte, l’enquête de police, les réactions du voisinage et celles de la presse. Le récit est prenant, la tension psychologique est très forte. En effet, au fil des pages, l’ambiance devient oppressante, on ressent que tout n’est pas dit et les questions fusent dans notre esprit. Pourquoi tel personnage réagit-il ainsi ? Et celui-là ? Un flou nous enveloppe et nous sommes perdus mais nous sentons que la situation n’est pas aussi nette qu’elle en a l’air. J’ai échafaudé des hypothèses mais elles étaient toutes branlantes. Et là, ça a été le choc. Toutes mes présomptions ont été balayées par le talent de l’auteure. Le problème, c’est que si nous, nous savons, la police, elle, n’a pas découvert le coupable. Personne ne sait où se trouve la petite fille, même pas le lecteur. Le rythme s’emballe, la pression est de plus en plus forte et les rebondissements sont inquiétants. Mon souffle est devenu court, mon corps s’est contracté car ma peur était de plus en plus prégnante. Le final est à la hauteur du livre. Je n’en dirai rien pour ne pas spolier. Conclusion Je suis une mère angoissée qui a du mal à confier sa fille, aussi j’ai été happée et j’étais dans un état de tension maximale en lisant Alice. La manipulation est très forte que ce soit entre les personnages mais aussi de la part de l’auteure envers le lecteur. J’ai adoré ce thriller psychologique.
Note générale
Super !
Un roman empli d’espoir J’ai eu envie de protéger Miki. Tenue sous le joug de son frère, je l’ai trouvée très courageuse. En effet, le moindre de ses gestes peut avoir des conséquences terribles. Des actes anodins pour nous sont une vraie rébellion pour elle qui vit dans des conditions de réclusion révoltantes. Elle porte pourtant, grâce aux quelques romans auxquels elle a accès et à son observation fine des clients du restaurant, un regard lucide sur son existence et sur le monde qui l’entoure. L’auteure rend hommage à la littérature et aux livres qui peuvent sauver. Mon seul petit regret est qu’elle dévoile à certains moments les intrigues de certains classiques. Pour mener son combat au côté de Léon, elle prend des risques qui m’ont fait trembler pour elle. Miki montre qu’à notre époque, dans un pays occidental, il existe différentes formes d’enfermement. Saura-t-elle se libérer et s’émanciper ? Léon est un homme attendrissant. Il est sensible à la peine de ceux qui l’entourent, ainsi qu’à la faune et à la flore. Il est empli d’empathie et n’hésite pas à combler les manquements des autres. Je l’ai adoré. Karen Viggers traite des thèmes forts, en donnant souvent les enjeux de deux parties. Elle sensibilise au sujet de la déforestation en donnant le point de vue des bûcherons et celui des écologistes. Quand elle alerte sur le sort des diables de Tasmanie, elle aborde le pan de la science et celui de la vie en liberté des animaux sauvages. Et en la lisant, c’est notre cœur qui l’emporte, en prenant en compte tous les paramètres et elle donne l’envie que l’homme trouve sa place tout en respectant la nature. Sans jamais moraliser, ce livre est une ode au monde qui nous entoure et que nous devons protéger. « Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres. Nous l'empruntons à nos enfants ». (P249). J’ai adoré Le bruissement des feuilles. Bien que de la violence physique et psychologique, des dangers concernant la nature et des situations de harcèlement soient présents, ce livre est éclairé par l’amitié et la solidarité. Ce roman n’est pas triste, il est empli d’espoir et de personnages qui illuminent le cœur. Il nous fait voir la beauté de notre monde.
Note générale
Bien
Une belle surprise Axel revient à Pontarlier pour assister à l’enterrement de son oncle. Celui-ci était un homme sévère et méprisant. Il estimait que la fortune est source de pouvoir et détermine la valeur des personnes. Axel retourne sur les lieux de sa jeunesse, dans le château de celui qu’il appelait « le patriarche ». Il convoque les souvenirs de sa vie passée auprès de celui qui l’a, plusieurs fois, humilié. Il porte un regard lucide sur son enfance. Il se souvient qu’il ne se sentait pas à sa place. Il n’était pas accepté par le clan, car l’argent exerçait sa domination. Il a, également, des réminiscences de ses premiers émois amoureux et de certains jeux d’enfant. Il est heureux de se remémorer certains événements qu’il avait enfouis au fond de lui et a envie d’en retrouver le goût. Cette promenade à travers le passé fait resurgir les blessures du petit Axel. Par ce cheminement, l’adulte qu’il est devenu console l’enfant qu’il a été. La fin m’a énormément surprise et, pourtant, elle ne pouvait pas être autrement. Mais cela, je ne l’ai compris qu’après l’avoir lue. J’ai adoré l’écriture intimiste de Dominique Borde. Les mots sont choisis de telle manière, qu’ils évoquent, une atmosphère et un sentiment en même temps que des faits. La plume est très belle.
Note générale
Moyen
Déstabilisant Davide, sur les conseils de son médecin, décide de se passer de ses portables (il en a trois) pendant trois jours. Dans un vieux répertoire téléphonique, il retrouve le numéro de Lisa, qu’il a connue trente plus tôt. Il l’appelle depuis une cabine téléphonique. Ils décident de se revoir. Mais ce n’est pas elle qui vient… L’histoire est entrecoupée par des appels, des textos, des notifications. Cela crée un récit discontinu, les conversations ne sont pas terminées. Cela donne l’impression que les échanges entre les personnages et le lecteur sont interrompus par les nouvelles technologies. Les interruptions sont si fréquentes que c’est comme si on n’écoutait pas vraiment ce que disent les protagonistes. Eux-mêmes ne sont pas toujours attentifs à ce que dit l’autre. J’ai soupçonné des choses sans jamais pouvoir les vérifier, puisque la conversation était parasitée par d’autres faits. L’auteur montre l’instantanéité des nouvelles technologies. Ce livre est une fable, qui je pense, montre les travers des portables qui empêchent les échanges vrais et authentiques, mais qui sont aussi générateurs d’accidents. Je dis, je pense, car j’ai terminé le livre en me disant que je n’avais pas tout compris. Pourtant, j’ai l’impression que c’est le but recherché par l’auteur. Malgré cette impression de ne pas avoir saisi entièrement le sujet, c’est un livre qui se lit bien.